Bic-photo: Josée Richard

Appelés à l’écoute, pour trouver la Vie !

Marcel Caron, président de la CCIS

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Pâques, printemps de Dieu !
Pâques, printemps du monde !
Pâques, printemps du cœur !
Pâques de Jésus-Christ !

Il me semble qu’il y a longtemps qu’on attend ce moment pour chanter à gorge déployée ces quelques lignes, de notre ami Robert Lebel, qui annoncent la bonne nouvelle : Christ est ressuscité ! Alléluia ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

L’hiver a été long… Les nouvelles de l’Église et du monde nourrissent la désespérance… Les débats politiques en font douter plus d’un de notre place au cœur de cette société… L’état actuel de nos communautés chrétiennes peut provoquer chez plusieurs des angoisses pour l’avenir…

Mais, nous entrons dans la grande semaine ! La semaine qui, il y a 2000 ans, a changé le cours de l’histoire ! La semaine qui, aujourd’hui encore, nous fait basculer du côté de la vie au lieu d’être engloutis dans la mort ! C’est une invitation à croire, plus fort que tout, que la mort n’a pas eu – et n’aura jamais – le dernier mot ! Le Seigneur est sorti  vainqueur du tombeau et que l’espérance est au rendez-vous ! Avec le pape François, nous pouvons dire « Christus vivit ! », « Il vit, le Christ ! »

Une exhortation à lire et à méditer

C’est en plein Carême que le pape François nous a présenté sa dernière exhortation apostolique intitulée « Christus vivit ». Cette exhortation est adressée comme une lettre aux jeunes du monde entier et à tout le peuple de Dieu. Avec un souffle rempli d’espérance, notre pasteur reprend les grands thèmes qui ont été traités lors du dernier synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel.

Je ne reprendrai pas les grandes lignes de ce merveilleux document ; je vous invite plutôt à le lire et à le méditer pour y puiser une nouvelle espérance, surtout dans notre approche avec les jeunes générations. Dans les prochains paragraphes, je veux plutôt souligner un des grands moyens mis à la disposition de tous les membres d’instituts séculiers pour réaliser notre mission apostolique : l’écoute.

Le pape François souligne que dans l’écoute, « la première sensibilité ou attention est à la personne » (CV, 292). C’est la personne humaine qui compte d’abord et avant tout ! C’est elle qu’il faut écouter avec une attention extraordinaire ! Cela prend du temps – beaucoup de temps ! – et une patience amoureuse pour écouter l’autre jusqu’au bout, sans juger, sans se fatiguer. Et c’est alors que cette écoute nous ouvre à une merveilleuse découverte : un cœur assoiffé d’une rencontre, brûlant de recevoir une Parole qui sauve !

Dans cette écoute, il faut savoir capter le moment du kairos, de la grâce à saisir. Ce sera une larme, un silence, un mot qui dit tout… Saurons-nous alors y discerner la vérité qui s’impose ou la tentation qui invite à fuir ? Car c’est bien le rôle de celui ou de celle qui écoute : savoir discerner et inviter la personne qui ouvre son cœur à reconnaître les signes qui se manifestent. « Il faut avoir le courage, la tendresse et la délicatesse nécessaires pour aider l’autre à reconnaître la vérité et les mensonges ou les prétextes » (CV, 293) nous rappelle le pape François.

Finalement, la troisième sensibilité dans l’écoute « vise à écouter les impulsions que l’autre expérimente “en avant”. C’est l’écoute profonde de “ce vers quoi l’autre veut vraiment aller” » (CV, 294). Parfois, Dieu veut plus que ce qu’on est prêts à donner, prêts à offrir. Et pourtant cette nostalgie est déjà porteuse d’un désir qui englobe le véritable bonheur. C’est là, dans ce noyau dur, que se joue le « oui » définitif qui s’ajuste au plan de Dieu ! Et alors l’écoute aura su susciter la réponse au grand appel divin !

À l’exemple du Ressuscité

N’est-ce pas ce que Jésus Ressuscité a fait avec ses disciples. Au long des différentes apparitions, il devient le modèle qui sait exprimer la véritable sensibilité de l’écoute. Au jour de Pâques, pendant près de 30 km, l’Inconnu de la route écoute longuement les deux personnes qui faisaient route sur le chemin. Il a tendu non seulement l’oreille, mais surtout son cœur pour bien entendre et comprendre. Avec Thomas, huit jours plus tard, Jésus saura l’inviter à discerner, laissant de côté les doutes, pour affirmer haut et fort :        « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Et finalement, avec Pierre sur le bord du lac de Galilée, un matin après le déjeuner, le Maître l’invitera à répondre à la grande question : « M’aimes-tu plus que tous ceux-ci ? » Par trois fois, il posera la question pour arriver à la seule réponse : « Tu sais tout, Seigneur, tu sais bien que je t’aime… »

Comme membres d’instituts séculiers, nous sommes invités-es à devenir ces personnes d’écoute. Devant les scènes qui nous bouleversent de la passion du Christ qui se reproduit dans notre monde d’aujourd’hui, saurons-nous être de ces hommes et de ces femmes qui savent d’abord écouter en profondeur le cri de douleur et de souffrance de tant de nos frères et sœurs ? Oserons-nous l’écoute jusqu’à ce que ce cri devienne celui de l’accouchement à une vie plus belle, plus joyeuse, plus débordante d’espérance ? Seuls des hommes et des femmes de foi peuvent arriver à ce point ! Nous, membres d’instituts séculiers, nous sommes de cette trempe car nous croyons que l’aube de Pâques a, à jamais, ouvert les portes de l’espérance pour notre monde ! Dans le Christ ressuscité, tout est transformé !

JOYEUSES  PÂQUES !En ce temps de Pâques, les membres du Conseil exécutif, Thérèse Bolduc et Raymonde Haché, ainsi que la secrétaire de la CCIS, Marie Martineau, se joignent à moi pour vous offrir nos meilleurs vœux de Pâques. Que le Seigneur ressuscité nous fasse découvrir Pâques au cœur de toute personne, de tout événement, de toute rencontre ! Devenons ensemble ces témoins de la Vie Nouvelle qui nous fera choisir Dieu sans relâche et aimer le monde avec passion!

 

Conférence canadienne des instituts séculiers
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