Ayons confiance, Jésus est vivant !
Marcel Caron, ispx (président de la CCIS)
Message de Pâques, 2026
photo© Pixabay
En voyant ce printemps qui tarde à arriver, en découvrant les horreurs de la violence qui semblent aller toujours en augmentant, en apprenant la mort de deux itinérants à Montréal parce que notre société n’a pas su être au rendez-vous, il se pourrait que nous et nos contemporains souffrions d’un déficit d’espérance. Cependant, au cœur du temps pascal, une parole vient traverser nos peurs, nos doutes et nos fatigues : “Ayez confiance, je suis vivant.”
Ce n’est pas une idée, ni un simple souvenir spirituel. C’est une présence. Jésus Christ est vivant, aujourd’hui, au milieu de notre monde souvent blessé, fragmenté, en quête de sens. Et cette certitude change tout – particulièrement pour nous, membres d’instituts séculiers, appelés à être au cœur du monde sans être du monde, levain discret mais réel dans la pâte humaine.
Notre mission ne repose pas d’abord sur nos forces, mais sur cette vérité pascale : la vie a vaincu la mort. Dès lors, comment vivre concrètement cette confiance active au service du renouvellement de notre société ? Je vous propose trois lignes de fond qui peuvent orienter notre chemin au cours de ce temps pascal.
Lire les signes de vie au cœur du monde
Le regard pascal n’est pas naïf, mais il est transfiguré. Là où d’autres ne voient que crise, division ou déclin, nous sommes appelés à discerner les germes de résurrection déjà à l’œuvre. Comme membres d’instituts séculiers, nous sommes appelés à devenir ces experts pour lire les signes des temps et y extraire les pousses d’espérance.
Dans nos milieux professionnels, familiaux, sociaux, combien de gestes silencieux témoignent d’une humanité qui refuse de sombrer : solidarité envers les plus vulnérables, quête de justice, désir de vérité, soif de relations authentiques. Le Ressuscité nous précède déjà dans ces réalités.
Avoir confiance, c’est apprendre à reconnaître que Dieu agit avant nous. C’est poser un regard contemplatif sur le réel, pour y découvrir les traces de la vie nouvelle. Cette lecture des signes des temps nous empêche de céder au découragement et nous rend disponibles à l’action de l’Esprit.
S’engager concrètement en faveur de la vie
La foi en un Christ vivant ne peut pas rester seulement intérieure. Elle devient nécessairement engagement. Pour les membres d’instituts séculiers, cet engagement prend une forme particulière : il se vit dans la discrétion du quotidien, au cœur des structures du monde.
Cela n’empêchera pas que des drames humains se succèdent ; les actualités nous les présentent au jour le jour. Mais ayons confiance : chaque geste posé avec amour participe à la résurrection en acte. Une parole juste dans un contexte tendu, un choix éthique dans le travail, une présence fidèle auprès des personnes fragilisées – tout cela devient lieu de victoire de la vie sur la mort. C’est Mère Teresa qui le disait d’une façon toute simple : « C’est vrai que ce que nous réalisons n’est qu’une goutte d’eau par rapport à l’océan. Mais, sans cette petite goutte, il manquerait quelque chose à l’ocêan. »
Le monde n’a pas d’abord besoin de discours, mais de témoins. Des hommes et des femmes qui, sans bruit, incarnent une espérance crédible. En ce sens, notre vocation est profondément prophétique : elle annonce, par la vie même, que le Christ est vivant et qu’il continue de transformer l’histoire.
Devenir porteurs d’espérance dans un monde en quête
L’espérance pascale n’est pas un optimisme facile. Elle est une force intérieure qui naît de la rencontre avec le Ressuscité. Elle nous permet de tenir, d’aimer, de croire, même lorsque tout semble obscur.
Dans une société marquée par l’incertitude et parfois le désenchantement, nous sommes appelés à être des veilleurs d’espérance. Non pas en donnant des réponses toutes faites, mais en ouvrant des chemins. En accompagnant. En écoutant. En témoignant que la vie a le dernier mot.
Ayons confiance : le Christ vivant marche avec nous. Il nous précède dans les périphéries humaines, là où la vie semble absente. Et il nous envoie comme artisans d’un monde nouveau, humblement mais résolument.
Joyeuses Pâques dans la confiance !
Le temps pascal nous invite à un renouvellement profond de notre regard et de notre engagement. « Ayons confiance, Jésus est vivant ! » : cette parole devient mission.
Qu’elle fasse de nous des hommes et des femmes capables de voir la vie là où elle naît, de la servir là où elle est fragile, et de l’annoncer là où elle est attendue. Car le monde n’attend pas seulement des croyants – il attend des témoins du Vivant.